Timber by EMSIEN-3 LTD

BlasonGuildeDesBlogueursMaconniques

 Profil500         

Edito de Janvier 2016

 

 

Parce que ça flatte l'égo des Grands Maîtres Car tel était son grand plaisir et sa grande joie, notre Très Vénérable Grand Maître adoré nous gratifie de pensées personnelles afin de nous faire réfléchir. Découvrez les ici

 

 LireLaSuite


 

playmasonrycarre

Recherche du Secrétaire

Réseaux sociaux

noussuivresurfacebook copy

FBAl quin   FBbeth FBdesachel 
 FBfreemasonry    FBPietrar
 dae logo    Logo Grande Loge dOrient de France

Déclaration commune des obédiences interplanétaires

communiquedepresse

Conférence publique

affiche1600

Newsletter par mail

Réfléchis-bien avant d'agir...
Please wait

Flux RSS (c'est un jeu de mots)

Humour maçonnique - Deuxième réunion de la GLOF

Créé le mercredi 3 septembre 2014 05:00

640px-Daumier dimanche au museeHumour maçonnique - Deuxième réunion de la GLOF

Retrouvez la suite de la création ubuesque de cette nouvelle obédience, avec un incroyable rebondissement à la fin...

Bonne lecture.

 

 640px-Daumier dimanche au musee

Découvrez, si ce n'était pas déjà fait, le premier épisode de cette aventure rocambolesque ici : 1er épisode de la fondation de la Grande Loge d'Orient de France.

 

Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, suite à l’engouement qu’a suscité notre précédent article (près de 1300 vues) relatant la fondation de la Grand Loge d’Orient de France (et dont je vous remercie), permettez-moi de vous relater la suite de ces aventures !

Tout a commencé il y a quelques heures, lorsque votre serviteur consulta ce curieux mail :

« Mon très cher frère Al-Quin,

Vous étant inscrit, ce 28 juillet, sur notre petit cahier d’émargement anonyme, permettez-moi de vous convier à la deuxième assemblée de Grande Loge d’Orient de France qui aura lieu ce Mardi 2 septembre à 18h30. A cette occasion, vous pourrez assister à la cérémonie traditionnelle d’Installation de Grande Loge qui se déroulera dans le même complexe de temples que la dernière fois.

Par ailleurs, afin de faciliter le travail du frère Servant, je vous rappelle que les réservations pour les agapes sont impératives par retour de mail au minimum 8 jours avant l’assemblée[…] ».

Consultant alors ma montre, je m’aperçu que nous étions alors justement le 2 septembre, et qu’il était 17h ! La réunion était dans moins d’une heure et demie !

Me voici donc parti précipitamment, délaissant la douce chaleur de mon foyer, pour aller assister, encore une fois, à un évènement si ce n’est historique, au moins ubuesque. Et je ne fus pas déçu.

A mon arrivée sur le parking du complexe de temples, c’est une cacophonie sans nom qui m’attendait. Ça et là, dans toutes les directions, des véhicules s’étaient garés dans le moindre espace disponible. Réussissant à trouver une place pour le mien, je me dirigeais vers l’entrée principale lorsqu’apparût notre Beth-le-Vénérable national et qui était en train de pester à grand renforts de gesticulations de bras sur son incapacité à trouver une place à moins de dix minutes de marche, à cause du fait qu’il, je le cite : « doit y avoir une bonne tripotée de réceptions en même temps pour qu’autant de frères et de sœurs se soient déplacées… Parce que quand c’est des travaux symboliques, bizarrement dans les temples y a plus personnes ».

-          Malheureusement Beth, je crains que tous ces frères et toutes ces sœurs ne soient pas venus pour des réceptions, mais bien pour la réunion de la GLOF que vous allez devoir présider.

-          Quoi ? Vous vous foutez de moi ?, me demanda t-il en stoppant sa marche et en adoptant un air hagard. Déjà, j’ai jamais dit que je voulais présider quoi que ce soit. J’ai fait ça l’autre fois pour rendre service, mais je trouve ça ridicule ! Personne leur a dit que c’était une vaste blague cette histoire ? J’ai même reçu des mails de demande d’affiliation depuis la dernière fois ! Faut qu’ils comprennent que créer une obédience foireuse ça va pas arranger les affaires de la franc-maçonnerie française.

Arrivés à la porte, ses pires craintes se confirmèrent probablement. En effet, une file d’attente d’hommes à chapeaux et de femmes avec une housse de robe sur le bras s’était constituée. Ces femmes et ces hommes avançaient lentement vers deux autres hommes qui semblaient vouloir faire la bise systématique à tous les nouveaux arrivants. Lorsque notre tour arriva justement, l’un d’eux déclara : 

-          Les mots !

-          Pardon ?, demanda Beth.

-          Quels sont les mots de semestre ?, lui répondit le frère body-builder.

-          Euh je.. Euh… Je vous avouerai que quand le véné de ma loge communique ceux du national, en général c’est toujours à la fin, et moi à la fin je pionce. Vous les connaissez-vous ?, me demanda Beth.

-          Moi ? Euh, et bien je connais ceux de mon obédience, mais pas ceux de la vôtre, lui répondis-je.

-          Ah, c’est gênant…

-          Non mais de toute façon, ce sont les mots de la GLOF qui sont requis ce soir. Si vous n’avez pas les mots, je suis désolé mais nous n’allons pas pouvoir vous laisser rentrer, précisa l’un des deux frères couvreurs.

-          Mais attendez, j’ai jamais donné de mots de semestres moi à la dernière réunion. Comment ça se fait qu’il puisse y en avoir ? Qui vous les a communiqués ?

Les deux couvreurs se regardèrent avec embarras et hochements de têtes interrogateurs. Ils se rapprochèrent alors discrètement de nous et l’un d’eux murmura : 

-          En fait on est arrivé il y a 30 minutes et les frères et les sœurs étaient tous un peu inquiets… Il y a eu beaucoup de bouche à oreille, alors ils ne savent pas trop où aller et donc ils n’osaient pas rentrer, précisa l’autre.

-          Oui, alors le frère secrétaire nous a pris à part et nous a demandé de contrôler la qualité maçonnique des arrivants à l’entrée. Car ça, c’était le seul moyen de désigner un temple à des frères de manière discrète.

-          Mais là on était un peu embêtés, parce que nous on n’est pas trop capables de répondre aux questions quand on se fait tuiler. Alors on s’est dit qu’on pourrait juste demander des mots.

-          Oui, sauf que nous on ne les connaissait pas… Alors on a demandé au Secrétaire.

-          Et il a répondu que lui non plus, mais que lorsque l’on donnait l’impression à des maçons que l’ordre était strict et établi, ils s’agglutinaient tous pour pouvoir entrer.

-          Et c’est ce qui s’est passé ! Alors pour nous, peu importe les mots qu’on nous donne, on fait rentrer.

-          Mais on le fait sérieusement attention ! On les note tous sur mon petit calepin, dit le deuxième en nous montrant un charmant petit bloc note à spirales sur lequel de nombreux mots étaient marqués.

-          Y en a des vraiment drôles d’ailleurs ! Y a un frère qui m’a dit « Jacqueline » et « Bol de glace » ou non.. c’était peut-être pas ça….

Alors que les deux frères aux muscles saillants sous leurs vestes tentaient de se souvenir de ce que ce frère avait dit, un cri retentit dans le hall : « Non ! Ce n’est pas possible ! Vous n’êtes pas déjà là ! Mais nous ne sommes pas du tout prêts ! ». Il s’agissait du frère représentant une grande obédience et qui avait prêté sa chaussure à la dernière réunion.

-          Non ! Ce n’est pas possible ! Si vous êtes là alors que personne n’est en place, en tant que futur potentiel Grand Maître des Cérémonies j’en serai déshonoré, dit-il en s’approchant de nous et en faisant la bise à Beth-le-Vénérable qui affichait sur son visage les traits d’une infinie incompréhension lasse.

-          Mais ? Pourquoi vous n’avez qu’une chaussure ?, lui demandais-je alors.

-          Je n’y peux rien, depuis que je vous ai donné ma chaussure à la précédente réunion c’est désormais entré dans la tradition. Mais allez ! Venez avec moi mon frère, il faut vous préparer ! Frères couvreurs, au diable les mots de passe ! Faites rentrer tout le monde, et en petite foulée s’il vous plait !

Ayant reçu un ordre d’un futur potentiel Grand Officier, nos deux frères ne se firent pas prier et nous firent donc pénétrer dans la salle humide avec la plus grande diligence… En petite foulée.

Séparé de mon comparse, je ne puis vous dire ce qui lui advint avant qu’il ne nous rejoigne, mais ce que je peux vous décrire c’est l’ambiance incroyable qui régnait dans cette vaste salle de banquets. En effet, plus d’une centaine de frères et de sœurs étaient réunis en petits groupes épars, devisant visiblement avec le plus grand sérieux de sujets requérant la plus grande des concentrations. J’entendis ainsi en me dirigeant vers le temple des « Vous avez trouvé à vous garer vous ici ? », des « J’espère que ça ne finira pas trop tard » et des « Où sont les toilettes ? Je n’ai pas envie de me tortiller sur place pendant la chaine d’union ».

En me rapprochant du bar, j’entendis dans sa cuisine le frère Servant hurler « Mais comment ça se fait qu’ils soient aussi nombreux ? Le Secrétaire m’avait dit DOUZE COUVERTS ! Mais ils sont cent soixante au moins ! Moi j’aurais jamais autant de bécasses à rôtir ! C’est pas possible… Comment je vais faire ? Bon allez les gars ! On arrête de mettre les bécasses dans les assiettes. Vous me foutez toute la viande dans des grosses marmites et on va leur dire que c’est la poule au pot « traditionnelle » d’Assemblée de Grande Loge. Dès qu’on dit que c’est « traditionnel » à un franc-maçon, il s’empresse de le croire sans même vérifier ! Ce soir, ils vont manger de la soupe !».

Une voix inconnue retentit alors derrière moi et me fit sursauter : « Mes sœurs et mes frères ! Nous sommes trop nombreux pour le petit temple. Je vais vous demander de vous diriger vers le plus grand temple à l’étage ». La marée humaine se dirigea donc docilement à l’étage, mais, arrivé à la porte du temple, un détail me troubla. La majorité des frères et des sœurs se dirigeaient sans s’arrêter… vers l’Orient ! Et ainsi, alors que le temple était quasiment vide, l’Orient était totalement rempli de frères et de sœurs tous debout, tentant de déposer leur sacoche au sol pour justifier de leur droit d’y être. Deux frères étaient en bas de l’estrade et tentaient de les raisonner :

-          Mais c’est ridicule ! Je sais que vous êtes tous des dignitaires, mais on ne va pas pouvoir commencer si vous êtes tous debout alors que le Vénérable ne peut même pas aller s’asseoir à sa place… ».

Un concert de protestations accueilli cette assertion ma foi pourtant fort logique et, en me retournant vers l’entrée pour voir si le flot des frères et des sœurs allait se tarir, je vis entrer le vieux frère qui avait servi d’Orateur à la précédente réunion. D’abord surpris, il fut amusé de voir ce qui se passait. Il héla alors les deux frères au bas de l’estrade : « Hey les petits ! Venez voir ! ».

Ne sachant pas trop qui était ce frère qui les interpellait, mais constatant qu’il était suffisamment vieux pour avoir atteint un haut grade, ils se dirigèrent vers lui. Il leur chuchota alors quelques mots et les observa se diriger à nouveau vers l’estrade.

-          Mes biens chers frères, mes biens chers sœurs. Nous venons d’avoir une communication d’un membre de la Suprême Assemblée Constituée des Avancés Maîtres Entrés à Reculons par DErrière, tonna le premier.

-          Oui, et vous savez ce que ça veut dire quand ça vient d’un SACAME…, précisa le deuxième en réalisant que s’il se mettait à énoncer à haute voix la sommes des initiales de ce qu’on venait de lui dire, il allait être dans un sacré embarras.

-          Bref ! Il nous a été fait mention que la « tradition » d’Assemblée de Grande Loge requiert que SEULS les Anciens Grands Vénérables de la Grande Loge d’Orient de France puissent siéger à l’Orient lors des Assemblées de Grande Loge.

-          Tout à fait ! Nous allons devoir, pour respecter la « tradition » des assemblées de Grande Loge, devoir vous faire descendre et vous demander de prendre place sur les colonnes.

Et alors que les dernières tentatives avaient été infructueuses, tous les frères et sœurs descendirent de l’estrade et prirent place en murmurant « ah si c’est la tradition on n’y peut rien, on ne savait pas vous comprenez ».

Alors que je m’empressais de prendre place au pied de l’Orient pour pouvoir prendre des notes de tout ce qui venait de se passer et de tout ce que j’allais entendre, les frères et sœurs prirent donc place également et sortirent leurs décors. Un tintamarre incroyable retentit dans le temple, chacun y allant qui de sa toque, qui de ses médailles, qui de ses douze sautoirs brodés d’or posés l’un sur l’autre jusqu’à faire étouffer le frère ou la sœur.

Une sœur entra justement alors et déclara : « Mes sœurs et mes frères ! Faites bon accueil au futur potentiel Grand Vénérable et à ses futurs potentiels Grands Officiers ainsi qu’à leur futur potentiel Grand Collège pour cette futur potentielle cérémonie traditionnelle d’installation de Grande Loge d’Orient de France !». Chacun se leva bruyamment, mais je crus pourtant clairement entendre de l’extérieur du temple la voix de Beth-le-Vénérable crier :

-          Nan mais qu’est-ce que c’est que ces conneries encore ! 

Deux joueurs de cornemuse avec des petites boules noires et vertes attachés par des fils tout autour de l’extrémité de leurs kilts longs (probablement pour leur éviter qu’ils ne s’envolent et ne permettent de répondre à la question millénaire de savoir.. bref) deux joueurs de cornemuses jaillirent alors de la porte du temple et se mirent à jouer un morceau, ou plutôt, un ensemble de notes elles-mêmes en assez mauvais termes entre elles.

Et alors que le cortège remontait les colonnes, pendant que tous les frères et sœurs se bouchaient les oreilles, j’entendis mon voisin de gauche crier « J’ai beau aimer la cornemuse, moi je trouve qu’ils jouent super mal». Un autre frère lui répondit alors « oui mais c’est la tradition ». « Ah pardon, je ne savais pas », lui répondit le premier.

Beth-le-Vénérable, et les frères Orateurs et Secrétaires de la dernière réunion montèrent à l’Orient. Les cornemuses s’arrêtèrent dans un ultime cri d’agonie qui fit s’exclamer l’assemblée d’un « ahhhhhhhhh » de soulagement.

Tous les regards étaient alors tournés vers Beth-le-Vénérable qui fit s’asseoir l’assemblée. Mais alors que Beth allait prendre la parole, un frère sur la colonne du Nord demanda la parole pour lui. Et je m’aperçus alors que deux frères tapèrent en même temps sur leur table. L’un au milieu de la pièce, l’autre à son extrémité de l’autre côté. Visiblement nous avions deux Second Surveillants. Ils déclarèrent alors en même temps : « Très Vénérable/Vénérable Maître, un frère de ma colonne demande la parole » et ils n’étaient apparemment pas d’accord sur la manière de nommer Beth puisqu’issus de rites différents.

-          Et allez.. ça commence ! Bon, pourquoi vous êtes deux à parler ?, demanda notre Vénérable.

-          Très Vénérable/Vénérable Maître.., déclarèrent-ils ensemble.

-          Nan mais un à la fois !

-          Oui mais lequel ? dirent-ils de concert.

-          J’en sais rien moi ! Le premier qui vient, tenez ! Vous !, dit-il en désignant du doigt celui au milieu de la pièce.

Le frère à l’extrémité croisa les bras et se mit à bouder.

-          Vénérable Maître, nous avons un problème.

-          Ben voyons, et lequel je vous prie ?

-          Nous n’avons pas décidé quel allait être le rite qui serait pratiqué à la Grande Loge d’Orient de France ! Donc il y a un peu des officiers en trop.

-          Parlez pour vous oui ! Je suis très bien où je suis, déclara l’autre Second Surveillant.

Un murmure collectif se fit.

-          Oui mais c’est pas grave ça, on est juste là pour une réunion de mise au point. Faut arrêter avec toutes ces bêtises ! Il faut que tout ça s’arrête ! On ne va pas aller plus loin dans la farce tout de même. Vous l’avez compris non que cette Grande Loge c’était une grosse farce…. Non ?, demanda-t-il inquiet.

Des protestations fusèrent de toute part ! J’entendis un frère déclarer : « Ah non ! Moi je suis venu voir une cérémonie d’installation de Grande Loge ! ». Un autre enchaîna : « Comment ça ils vont déjà dissoudre cette Grande Loge ? Mais moi ça me plaisait bien qu’on choisisse un rituel ! J’ai toujours rêvé de faire partie d’une commission de révision d’un rituel ». Enfin, j’entendis une sœur se lamenter : « Mais si la GLOF n’existe plus, où est-ce que je vais pouvoir discourir de la laïcité durant des heures sans rien faire ensuite dans la vie civile moi maintenant ? J’ai déjà donné ma démission à ma loge. Ils ont même sablé le champagne aux agapes ! ».

Beth-le-Vénérable voulut se saisir d’un maillet pour ramener l’ordre, mais s’aperçut qu’à sa place se trouvait une chaussure, comme à tous les plateaux de surveillants d’ailleurs.

-          C’est quoi encore ce machin ?, demanda-t-il.

-          C’est le maillet « traditionnel » d’Assemblée de Grande Loge comme il est inscrit dans nos Constitutions.

-          Quoi ? Mais depuis quand on a des Constitutions ?

-          J’ai retrouvé un exemplaire des Constitutions dans les archives de la Grande Loge, Vénérable Maître. Ils sont formels. Pour toutes les Assemblées de Grande Loge, vous devez vous servir du maillet « traditionnel » d’Assemblée de Grande Loge préparé en bonne et due forme.

-          Mais c’est une chaussure !, s’exclama Beth au bord du désespoir. Et on n’a jamais eu de Constitutions…

-          Comment ça ? Pas de rituel ? Pas de Constitutions ? Mais nous ne sommes pas une Grand Loge alors !

-          Mais c’est ce que je me tue à vous dire !!!

-          Ah permettez-moi d’être en total accord avec vous mais de manière négative Très Véné.. Euh Vénérable Maî.. Mince, si nous n’avons pas de rituel, comment dois-je vous appeler ?

-          « Très Vénérable Maître » semble être parfait, s’exclama le vieux frère Orateur. Bon, maintenant que j’ai parlé une fois durant cette tenue, laissez-moi tranquille…

-          Vous êtes tous zinzins c’est pas possible ?!, cria Beth.

-          Pour répondre à votre question Très Vénérable Maître, ce que vous avez devant vous est donc un « maillet traditionnel d’Assemblée de Grande Loge », mais, si vous me le demandez, je vous dirai que techniquement, c’est un soulier de cuir qui a subit un glaçage de fort bonne facture. D’ailleurs la facture a été confiée à notre frère Trésorier qui..

Entendant sa fonction être appelée, le frère Trésorier se leva.

-          Très Vénérable Maître, je demande la parole !

-          Ils sont tous fous…, mumura le Vénérable.

-          Très Vénérable Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades et qualités, je tenais à attirer votre attention sur le fait que j’ai réalisé il y a quelques jours le bilan annuel de notre Grande Loge, et les nouvelles ne sont pas bonnes !

Alors que le frère Trésorier présentait un rapport rempli de données financières absconses, dont tout le monde se moquait, Beth se pencha vers le frère Orateur.

-          Nan mais je suis pas fou quand même rassurez-moi, c’est n’importe quoi non ?, demanda notre Vénérable.

-          Pourquoi ce serait n’importe quoi « Très Vénérable Maître » ? Qu’importe ce qu’ils demandent, tranchez ! Tous les frères et les sœurs qui sont venus ici recherchent une énergie créatrice. Ils veulent créer quelque chose pour pouvoir s’y investir. Soyez ferme contre tout excès, mais essayez de les satisfaire à votre manière. De toute façon, des mécontents, quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, il y en aura toujours ! Par contre, regardez, les frères et les sœurs qui sont ici présents n’ont-ils pas l’air heureux ?

En cet instant précis, les trois quarts de l’assemblée s’étaient mis à somnoler en écoutant la mélopée régulière de la voix monocorde du frère Trésorier. Et, effectivement, certains arboraient dans leur sommeil un petit sourire à la commissure des lèvres. Certains arboraient également de petits filets de bave ça et là.

Beth-le-Vénérable tapa de son soulier glacé sur la table, réveillant instantanément son auditoire.

-          Oui oui, c’est bon, c’est bon, on verra ça plus tard, bon, vous n’avez pas tort sur un point, si vous voulez faire une grande loge. Il va falloir que nous établissions des règles, et que nous discutions de points importants comme les rituels pratiqués.

Une soeur au Sud demanda la parole.

-          Très Vénérable Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades, qualités et valeurs, je demande que soit adopté le rite Ecossais Rectifié, parce que, pour ma part, j’ai bien aimé les joueurs de cornemuses qui sont venus jouer au début.

Un frère demanda ensuite la parole.

-          Très Vénérable Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades, qualités, valeurs et humeurs, je tenais à remercier la précédente sœur d’avoir su si agréablement nous parler des qualités artistiques et musicales des frères qui étaient, respectivement, son mari et son beau-frère. Toutefois, la GLOF étant une obédience très attachée aux traditions, je pense qu’il serait plus que correcte d’adopter un rite français vu que nous ne sommes, pas encore, une obédience internationale.

La chose fit bondir un autre frère.

-          Très Vénérable Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades, qualités, valeurs, humeurs et tempéraments, je demande à ce que soit précisé « quel » rite français. Car il y aurait celui du Régulateur, celui d’après la redécouverte par A. Groussier, et celui du Rite Français Moderne Rétabli.

Un frère se leva à son tour.

-          Très Vénérable Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades, qualités, valeurs, humeurs, tempéraments, et pointures de chaussure, je tenais à préciser que, pour ma part, je pratique le rite écossais philosophique depuis quelques années, et cela me convenait tout à fait. De plus, ce n’est pas parce qu’on pratique un rite écossais que pour autant on doit se balader en kilt et jouer mal de la cornemuse.

Se fut alors une explosion ! Les joueurs de cornemuse répondirent par des invectives et chacun y alla de sa contribution en parlant de son rite.

Votre serviteur réussit à identifier un petit groupe de frères pratiquant le rite d’York qui trouva cette profusion de rites écossais et français parfaitement scandaleuse, alors qu’à son opposé dans la loge, un autre groupe se réclama du rite Emulation et précisa que «  pour nous, il n’y a que le par cœur qui rend une cérémonie belle et harmonieuse ». Des frères du Rite Ecossais Ancien et Accepté se levèrent alors et émirent l’assertion que : « de toute façon, si on veut pratiquer le seul rite qui tienne vraiment la route, c’était le REAA qu’il fallait choisir ». Sur quoi un frère plaisanta en disant «  si on doit choisir un rite qui vient de la Jamaïque moi aussi je veux prendre la route ! Mais la route du Rhum !». Ceci fit alors beaucoup rire un petit groupe d’historiens pour qui la blague était apparemment très bonne, mais laissa de marbre tout le reste de l’assistance. Le Vénérable en profita.

-          Bon ça suffit ! Puisque c’est comme ça, et les futurs potentiels Grands Officiers ici présents m’en sont témoins et n’hésiteront pas à m’arrêter si je dis une bêtise, mais je pense que nous pourrions décider que la Grande Loge d’Orient de France, rhôô, et ce nom ! On pourrait pas en changer aussi tant qu’à faire ? Ou alors juste modifier l’ordre des mots ? ça donnerait le Grand Orient de la Loge de France.

-          Ah non !, s’exclama le frère Secrétaire. Moi j’ai déjà fait imprimer tout un tas de documents avec le blason qui nous a été fourni par le frère Desachel. On revient pas dessus hein, j’ai pas envie de tout refaire ! Et puis on va pas s’appeler le GOLF tout de même !

Beth-le-Vénérable sembla gêné. Ce qui, connaissant le personnage, fit penser à votre serviteur qu’il n’était très incommodé que parce que son petit jeu de mot avait été découvert beaucoup trop tôt.

-          Bon, alors je disais quoi ? Ah oui ! Donc… votre GLOF là, pfff quel nom ! Bref il va devoir se choisir un rituel si il ne veut pas aller dans le trou. Toutefois, et les futurs potentiels Grands Officiers ici présents m’en sont témoins et n’hésiteront pas à m’arrêter si je dis une bêtise, je soumets donc au vote la proposition d’adopter la totalité des rituels dits « traditionnels » qui seront proposés par nos frères et sœurs, par retour de mails à notre frère Secrétaire.

-          Quoi ? Comment ça ? J’ai pas compris, c’est encore du travail pour bibi ?, murmura le Secrétaire en croyant que personne ne l’entendrait.

Cela marcha, car tous les frères et les sœurs présents firent ainsi mine de ne pas l’avoir entendu. Probablement de peur que le Vénérable n’ait la bonne idée de les désigner pour alléger la tâche dudit pauvre frère Secrétaire.

Un autre frère se leva et demanda alors la parole. Il déclara: 

-          Mais Très Vénérable Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades, qualités, valeurs, humeurs, tempéraments, pointures de chaussure et tours de têtes ; si nous envoyons les suggestions de noms de rituels au frère Secrétaire. Qui va ensuite désigner si le rituel proposé est déclaré « traditionnel » ?

-          C’est moi pardi ! Je ne vais pas vous laisser faire n’importe quoi cette fois !

-          Mais, Très Vénérable Maître, ne le prenez pas mal, mais vous n’êtes pour l’instant que le Très Vénérable Maître de cet atelier, et pas le Grand Maître de la Grande Loge d’Orient de France…

Des murmures d’approbation parcoururent l’assemblée.

C’est à ce moment là que je me dois de confesser une petite blague qui eut de terribles conséquences.

En effet, alors que tout le monde murmurait en disant « oui, il a raison, il n’a pas le droit de décider de ça… C’est au Grand Maître de le faire, sauf que là, on en a pas encore », je fus alors victime d’un instant de malice et je me surpris à déclarer : « Et bien alors ? Votons ! ».

La foule des frères et sœurs fut ravie de cette initiative et acquiesça qu’il était grand temps de se munir d’un Grand Maître ! Après tout, avoir un Grand Maître ça faisait plus sérieux.

Un frère se leva et demanda la parole :

-          Très Vénérable Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades, qualités, valeurs, humeurs, tempéraments, pointures de chaussure, tours de têtes et longueurs de bras, voter c’est bien, mais nous n’avons même pas de boules blanches et de boules noires.

-          Et bien nous n’avons qu’à voter à main levée, proposa le Vénérable.

La proposition ulcéra la moitié de l’assistance qui, courageusement, proposa que l’on trouve d’autres objets pour remplacer les petites billes. Ceci car, je le cite « il a toujours été traditionnel de le faire ainsi, et puis assumer ses votes ça fout une sale ambiance aux agapes».

Chacun chercha donc dans son sac, sa mallette, ou sa housse, des petits objets qui puissent faire l’affaire. Tout cela, naturellement, se fit dans le brouhaha jusqu’à ce qu’une sœur ne s’écrie « Hey ! Mais les joueurs de cornemuse ils ont des petites boules !».

La sœur, épouse de l’un deux infirma cette information avant qu’elle ne comprenne que l’on parlait des petites boules qui étaient cousues au bas du kilt afin de l’empêcher de s’envoler.

Malgré leurs farouches approbations, les joueurs de cornemuses durent alors se séparer de leurs petites boules et le scrutin put se dérouler. C’est ainsi que par une écrasante victoire (l’unanimité moins une voix, probablement d’ailleurs celle de Beth), Beth-le-Vénérable fut désigné Grand Maître de la Grande Loge d’Orient de France.

-          Très Vénérable Grand Maître, précisa le frère orateur, je ne voudrais pas plomber la bonne ambiance générale, mais il est, je crois, l’heure pour les frères de la Suprême Assemblée Constitutive des Avancés Maîtres Entrés à Reculons par Derrière.. qu’est-ce que je disais ? Ah oui ! Bref, c’est l’heure à laquelle ils vont se coucher, de manière « traditionnelle ».

-          Très bien ! Alors puisqu’il en est ainsi, nous allons pouvoir clôturer les travaux.

Mais, dans un dernier élan, et avant que la chaussure de Beth ne frappe la table, le frère Trésorier se leva à nouveau et demanda la parole pour le bien de la Grande Loge. Parole lui fut donnée.

-          Très Vénérable Grand Maître, et vous tous mes frères et mes sœurs en vos rangs, grades, qualités, valeurs, humeurs, tempéraments, pointures de chaussure, tours de têtes, longueurs de bras et couleurs de cheveux, je crois que je ne me suis pas fait correctement comprendre toute à l’heure ! Notre obédience est sur la paille !

Une vague de stupeur traversa toute l’assemblée.

-          Pardon ? Mais comment est-ce possible ? Nous n’avons eu que deux réunions, celle-ci incluse, s’étonna Beth.

-          Oui mais, Très Vénérable Maître, l’organisation de notre Convent annuel nous a fait verser de nombreuses arrhes non remboursables. Et à la vue de la progression exponentielle du nombre de nos membres, nous avons du réserver le stade de Gerland à Lyon !

-          QUOI ! Mais vous êtes fous ! Vous réalisez combien il y a de places dans ce stade ?

-          41842. Je sais, les prévisions nous mènent à penser que nous serons peut-être un peu serrés, mais les stades plus grands étaient hors budget.

-          Mais louer un stade c’est totalement hors budget aussi !!! Qui vous a demandé de faire ça ?, hurla le nouveau Grand Maître.

-          La Commission des organisations évènementielles bien évidemment ! Elle nous a ainsi justifiée qu'on ne pouvait, pour exister, pas vivre d'amour et d'eau fraiche... Il nous fallait donc, pour avoir une bonne visibilité, créer des évènements commerciaux générant de la publicité qui puissent... Enfin j'ai pas tout compris à ce que m'a raconté le frère, mais à la fin il m'a sorti une malette avec plein de beaux objets maçonniques et je vous avouerai que je me suis laissé tenter par..

-          Quoi ? Non mais vous êtes pas bien ! Non mais ils sont complètement tarés ici !!!! Annulez tout ! On ne va pas faire un convent dans un stade alors qu’on a fait deux réunions autour d’une chaussure ! Et c'est quoi cette idée ridicule sur le fait de faire de la "publicité" sur la franc-maçonnerie ? Faut être pas bien pour vouloir ça ! Vous nous avez pris pour qui ? Les marchands du Temple ? Dois-je vous rapeller qu'ils se sont fait botter les fesses y a déjà plus de 20 siècles ? On va pas recommencer les conneries pour se faire trois sous ! Moi votre stade, votre publicité, toutes vos bêtises, je suis pas d'accord ! Annulez tout !

-          Nous avons versé des arrhes…

-          Annulez tout !

-          Des arrhes non remboursables.

-          Je m’en fous ! Annulez tout !

-          Je me permets de vous rappeler qu’en tant que nouveau Grand Maître, vous êtes le président de notre association, et ainsi êtes responsable des remboursements. Peut-être même serez-vous obligé de rembourser sur votre argent personnel…

-          N’annulez rien ! Quand est-ce qu’il aura lieu ce Convent ??

-          Le Samedi 21 novembre 2015…

-          J’y serai !

-          Mais Grand Maître, le problème n’est pas d’annuler ou pas. Le problème c’est que nous avons calculé également les coûts par rapport au montant des cotisations que vous avez annoncé à la dernière réunion.

-          Ah bon ? J’ai dit combien ?

-          2800 € par tête…

-          Combien ? Mais c’est ridicule.. Pourquoi j’ai dit une conn… ah oui.. Je me souviens.. Parce que je ne pensais pas qu’on serait suffisamment idiot pour pousser la création de cette Grande Loge jusqu’au bout. Bon, voyons comment nous pouvons faire pour rattraper ces con…

Le nouveau Grand Maître se mit alors au travail et fit voter successivement, la baisse de la capitation, l’organisation d’évènements culturels, mais aussi de manifestations littéraires. Toutefois, certains frères émirent des doutes sur le modèle économique d’une telle entreprise. Ils proposèrent alors que de nouvelles pistes soient explorées. On proposa ainsi par exemple la vente d'un petit fascicule de 800 pages explicatif de la fondation de la Grande Loge d'Orient de France, mais ce ne fut pas retenu pour la simple et bonne raison que l'ouvrage aurait été surtout constitué de pages blanches....

Le frère Desachel proposa alors la création d’une boutique en ligne. Certains frères lui firent remarquer qu’il était tout bonnement scandaleux de faire du commerce sur la franc-maçonnerie. Il fit alors remarquer que sur le net, de nombreux sites se lançaient dans cette optique, avec des succès plus ou moins mitigés... Et également avec des visuels carrément pourris ! Ce à quoi les frères lui répondirent que le commerce d'articles sur la franc-maçonnerie les dégoutait. Il les félicita alors sur la qualité de leurs gants et de leurs tabliers et leur demanda combien de temps ils avaient bien pu passer à les fabriquer. Toute l’assemblée se mettant subitement à regarder ses chaussures avec un air penaud, il affirma que l’affaire était donc entendue.

Toutefois, le Grand Maître prit la parole et déclara qu’il était hors de question que cette nouvelle Grande Loge tombe dans le mercantilisme le plus abject dans lequel certains frères, voire sites internets étaient prêts à se rouler. Il suggéra donc que la Grande Loge d’Orient de France se serve du site dont il était le créateur (à savoir www.freemasonry.fr) pour valider, ou non, les produits mis en ligne.

Ainsi, ne devaient être mis en ligne que des produits non polémiques, mais pouvant, et devant être des hommages aux grandes organisations et personnalités de l'Ordre, mais que, principalement, il fallait que ce soit traité sur le ton humoristique, voire parodique. Car il avait constaté que beaucoup trop de guignols se prenaient au sérieux dans le milieu de la franc-maçonnerie alors que les plus sérieux dans la démarche étaient souvent les frères et les sœurs considérés comme des petits clowns.

Le frère Desachel proposa donc de créer des visuels qu’il soumettrait prochainement au Grand Conseil et qui seraient mis en ligne sur un site internet de créations de goodies qui s’occuperait exclusivement de l’impression des objets et de leur expédition.

On lui répondit que les marges devaient alors être très faibles. Il répondit très justement que si des frères et des sœurs faisaient de la franc-maçonnerie pour faire du commerce, autant qu’ils s’en aillent tout de suite car un jour ou l’autre c’est la franc-maçonnerie qui les éjecterait par la peau du c… Beth-le-Vénérable en profita alors pour reprendre la parole et décréta l’Assemblée de Grande Loge fermée.

Les joueurs de cornemuse voulurent jouer un petit morceau pour faire sortir les dignitaires en cortège, mais les deux frères couvreurs transpercèrent par accident leurs deux instruments de part en part et ils sortirent sous les acclamations unanimes de l’Assemblée.

Aux agapes on nous servit un petit ragout de bécasses qui plut beaucoup et le frère Servant en fut remercié.

M’étant mis en relation avec le frère Desachel dès la sortie de cette Assemblée, je ne m’empêcherai pas de vous donner très prochainement des nouvelles de cette boutique, surtout à l’allure où travaille ce frère en particulier.

NB : le frère Desachel vient de m’apprendre par téléphone que la boutique sera en ligne dès demain matin !

A demain matin donc !

Votre Serviteur.

Al-Quin.

 

Et en cadeau bonus, l'entrainement de l'un des joueurs de cornemuse, dont le morceau se rapprochait sensiblement de cela

 

 noussuivresurfacebook copy

al-quinfacebook   bethfacebook Desachel 
 dae logo  logo faceebook copy  Logo Grande Loge dOrient de France
   notrepage  
embed video plugin powered by Union Development

Encore un site de plus ?

Logo1000“Encore un site de plus sur la franc-maçonnerie ?” Telle est la question que vous pourriez vous poser

Pourtant, à la différence de nombreux sites sur la franc-maçonnerie, freemasonry.fr va un peu à contre-courant. Découvrez pourquoi

Read More

Pourquoi l'anonymat ?

Les gens sensés le savent : le secret en franc-maçonnerie n'existe plus. Internet a fait exploser les barrières de l'information.

Pourtant, l'orgueil guette tous les frères et soeurs qui souhaitent produire du contenu maçonnique. Jaugez-nous donc plutôt à notre travail, qu' à nos noms, grades et qualités.

 Ps : si tu es un adepte du complot maçonnique interplanétaire sache une chose = les franc-maçons ne sachant déjà pas comment se mettre d'accord sur comment nommer deux colonnes correctement... Avant de conquérir les fonds marins et l'univers tout entier, on a de la marge...

Nous contacter

contact250

android tablet 300v2

Console de débogage Joomla!

Session

Profil d'information

Occupation de la mémoire

Requêtes de base de données